Généralités

L’insuffisance veineuse est un trouble très répandu dans la population. Une enquête récente dans la population française a montré que 57 % des femmes et 26 % des hommes présentaient des troubles de la circulation veineuse. La présence de varices a été retrouvée chez environ 14 % des hommes et 36 % des femmes suivis dans l’étude américaine dite “étude Framingham”.  Parmi les personnes présentant des varices, 85 % sont des femmes et 15 % seulement sont des hommes. La fréquence des varices augmente régulièrement avec l’âge. Elle augmente avec le nombre de grossesses. L’excès de poids induit un risque supplémentaire surtout chez la femme quand l’index de masse corporelle (qui se calcule en divisant le poids en Kg par le carré de la taille en mètre) est au-dessus de 27 Kg/m2. L’hérédité joue un rôle majeur dans l’apparition des varices (les enfants ont 90 % de risque d’avoir des varices lorsque les 2 parents ont déjà des varices). Lorsqu’un seul parent a des varices, les filles ont 62 % de risque d’en avoir plus tard et les garçons 25 %. Enfin, la maladie variqueuse est une maladie congénitale et une maladie propre à nos sociétés industrielles à culture occidentale. Cette maladie génétique est aggravée par l’imprégnation hormonale chez la femme (variation avec les règles, pilule, grossesse, ménopause), par la station debout, la position assise, la chaleur, la constipation, l’alimentation pauvre en fibres, le manque d’activité physique. L’importance de la maladie veineuse dans la société a été illustrée par une enquête réalisée par la CNAM en 1982 : 700 opérations de varices sont réalisées en France par jour ! Actuellement la meilleure connaissance de la maladie et sa prise en charge plus précoce et plus efficace par les médecins a fait diminuer dans nos pays la fréquence des complications qui représentaient autrefois le stade ultime de la maladie (grosse jambe rouge, plaies variqueuses). Le coût de la maladie variqueuse sans les complications de phlébite est évalué à 30 millions d’euros et les toniques veineux à 5 % de la consommation pharmaceutique.

Troubles de la circulation veineuse chez la femme
Troubles de la circulation veineuse chez la femme

 

Troubles de la circulation veineuse chez l'homme
Troubles de la circulation veineuse chez l'homme

valveA la différence des artères qui emmènent le sang vers la périphérie et dont la maladie est l’artérite, le système veineux ramène le sang vers le coeur.
Il existe, au niveau des membres inférieurs, deux systèmes circulatoires veineux :

  • l’un profond (contre les os et les muscles profonds), draine 90 % du sang veineux de la jambe (c’est ce réseau qui est atteint au moment des phlébites),
  • l’autre superficiel (sous la peau), draine les 10 % restants (c’est ce réseau qui est responsable de l’apparition des varices et qui doit être opéré lorsqu’il devient variqueux).

Température pression atmosphérique position du membre activité physique cycle hormonal hémodynamique veineuseLe courant sanguin veineux se fait normalement depuis le pied vers la cuisse et l’abdomen grâce, d’une part, à la tonicité de la paroi veineuse amplifiée par l’activité musculaire de la jambe et de la cuisse, et d’autre part, à la présence de VALVULES (clapets) qui empêchent le sang de redescendre vers le pied.

L’ensemble muscle et valvule veineuse forme ce qu’on appelle une pompe motrice veino-musculaire qui, à chaque contraction, chasse le sang dans le sens des valvules, c’est-à-dire des veines superficielles vers les veines profondes et de bas en haut dans chaque veine.

C’est pourquoi la contraction musculaire du mollet est le moteur de la circulation veineuse.
Elle se met en route après le 5e pas (c’est pour cela que les mouvements de piétinement sont insuffisants pour soulager la lourdeur de jambe).
Par contre la marche régulière est le meilleur moteur de la circulation veineuse.

La maladie variqueuse est due à l’inefficacité du système des valvules et à l’affaiblissement  progressif de la paroi des veines superficielles.
Il se produit alors, en position debout, une fuite de sang de haut en bas, de la profondeur du membre vers la surface, dans les veines superficielles qui se dilatent et se détruisent peu à peu pour devenir de véritables poches de sang : ce sont les varices au niveau desquelles il n’y a plus aucune circulation sanguine.

Le reflux de sang de haut en bas dans le système veineux de surface et cette stagnation de sang dans ces “lacs” veineux expliquent :

  • les lourdeurs de jambes, crampes nocturnes, fourmillements, impatiences, démangeaisons,
  • le gonflement des chevilles, les ?dèmes de jambe,
  • les troubles cutanés : eczéma et ulcères variqueux, plaques brunes et taches.
  • la phlébite superficielle appelée aussi paraphlébite ou périphlébite, qui correspond à la thrombose (caillot de sang) d’une varice.

Le fait d’enlever ces varices et de fermer les “fuites” ou perforantes ne peut qu’améliorer la circulation veineuse du membre, puisque ces varices, par les fuites qui les alimentent, en position debout, ne font que garder captif le sang qui ne circule absolument pas.

La stratégie opératoire nécessite une bonne connaissance de l’échographie

dessin plan variqueuxCes différentes parties chirurgicales seront choisies et associées dans une seule intervention adaptée à votre type de maladie variqueuse. C’est la raison pour laquelle, avant l’opération, il est indispensable de réaliser un plan de votre système variqueux (cartographie) à l’aide d’un appareil d’écho-doppler qui permet de voir les varices et le sens de circulation veineuse anormal dans vos varices.

Ce bilan veineux nécessite l’utilisation d’un appareil d’échographie très performant et régulièrement mis à jour. De la précision de cet examen dépendra la précision du choix opératoire.

varice echographedessin systeme variqueuxechographie variceechographe varices

 

L’intervention ne doit retirer que les varices, c’est-à-dire les branches malades et les portions malades du tronc principal (saphène).
Le tronc complet de la saphène ne sera retiré que si le tronc est malade sur toute sa longueur (5 % des cas).

Ceci est très important car si retirer à l’aveugle une portion veineuse saine est un geste inutile, c’est aussi un geste néfaste du point de vue esthétique (cela peut faire apparaître des varicosités de voisinage).

Cet examen permet donc de réaliser une intervention parfaitement sur mesure en évitant de retirer des veines fonctionnelles saines ou des portions de saphène fonctionnelles.

On appelle cette façon de faire chirurgie conservatrice car elle conserve les portions fonctionnelles du système veineux superficiel et elle restaure parfois une meilleure fonction sur les portions saines qui étaient dilatées à cause des varices.

L’important c’est ce qu’on laisse comme système veineux et non ce qu’on retire !

Le but est de retirer le minimum tout en conservant un résultat maximum. L’utilisation de l’échographie pendant l’opération nécessite des appareils portables.
L’échographie peropératoire est de plus en plus souvent indispensable pour contrôler avec précision l’utilisation du laser, de la radiofréquence, de la sclérothérapie à la mousse ou simplement de l’anesthésie locale.

La crossectomie

varices crossectomieconsiste à débrancher la communication principale entre le réseau superficiel et le réseau profond au niveau du pli de l’aine ou du creux du genou (racine de l’arbre).

Elle permet de fermer la fuite principale par une incision de quelques centimètres. Elle est peu souvent nécessaire.

 

L'extraction du tronc de la grande saphène et quelques fois de la petite saphène

extraction grande sapheneest réalisée par un geste appelé stripping qui doit être fait par invagination et non, comme autrefois, par télescopage qui était une technique beaucoup trop agressive.

Par deux petites incisions pratiquées à l’extrémité supérieure et inférieure de la saphène, on introduit dans la veine une tige semi-rigide.
La veine est fixée à l’extrémité de cette tige et extraite par invagination ou retournement (comme un doigt de gant).
Son avantage est d’être radicale, peu traumatique, et d’empêcher toute récidive.

Aujourd’hui le stripping est fait à l’aide d’une grande tige métallique appelé “Pin-stripper” qui permet de retirer le tronc veineux par une petite incision de 2 mm.

 

La fermeture et la suppression du tronc de la grande ou de la petite saphène

Fermeture et supression du tronc saphèneCes techniques permettent de supprimer les troncs sans les enlever.

Elles sont donc moins agressives mais nécessitent l’utilisation de matériels plus complexes. Elles consistent, comme le stripping, à supprimer le tronc qui alimente ou qui vidange les varices. C’est un geste qui est nécessaire moins d’une fois sur deux.

1/ LA CRYOCONGÉLATION

Elle consistait, à l’aide d’une sonde souple introduite dans la veine, à congeler celle-ci sur toute sa longueur. Son inconvénient majeur était la récidive, du fait de la reperméabilisation de la saphène.

Elle n’est plus utilisée.

2/ L’OBLITÉRATION VEINEUSE PAR RADIOFRÉQUENCE

Closure est un traitement endovasculaire du tronc de la veine saphène.

Par une mini-incision sous le genou ou par ponction, la sonde Closure est montée dans la veine jusqu’à l’aine.

Son extrémité présente un élément chauffant de 7 cm utilisant la radiofréquence. Le tronc est chauffé par portion de 7 cm de haut en bas sous contrôle échographique peropératoire.

Son extrémité lumineuse permet de le suivre par transparence sous la peau.

Sonde closure

Sous l’effet de cette chaleur dont l’induction est rigoureusement contrôlée par ordinateur, la paroi s’épaissit de 98 % et la lumière veineuse se ferme complètement.

Le tronc veineux traité, totalement oblitéré, reste visible sur l’écran de l’échographe pour disparaître complètement au bout de 6 mois.

Les suites pendant les premières semaines sont beaucoup plus légères qu’avec le stripping classique.

La procédure est souvent totalement indolore sur son trajet au niveau de la cuisse.

4/ LA THERMO-OBLITÉRATION PAR CELON

Un autre matériel (Celon), plus récent, utilisant la radiofréquence existe actuellement.

Il est plus simple et plus rapide, mais un peu moins fiable car il n’y a pas de rétro contrôle. Il est peu diffusé en France.

Thermo-oblitération par Celon

5/ LA THERMO-OBLITÉRATION PAR LASER

utilise une sonde laser introduite dans le tronc saphène par ponction sous le genou.

Des flashs de lumière laser sont appliqués tout au long du tronc veineux. La brûlure interne de la veine aboutit à son oblitération. C’est une technique qui n’est aussi réalisable que dans certaines conditions anatomiques. Cette procédure est plus simple et plus rapide mais aussi techniquement moins contrôlée. Elle est souvent assez douloureuse sur son trajet au niveau de la cuisse, surtout à partir du 3e ou 4e jour et dure parfois plus d’une semaine. Cela nécessite souvent la prise d’anti-inflammatoire.

Thermo-oblitération par laser

6/ LA THERMO-OBLITÉRATION PAR VAPEUR (SVS)

utilise les propriétés thermiques de la vapeur pour chauffer le tronc veineux par l’intérieur et obtenir la destruction de sa paroi par fibrose. La vapeur est produite dans un générateur et propulsée à l’extrémité d’un cathéter souple. Des micro pulses de vapeur sont injectés tous les 5 mm latéralement à l’extrémité d’un cathéter introduit dans le tronc veineux. C’est une technique “écologique“ puisqu’elle n’utilise aucun produit chimique mais simplement de la vapeur d’eau.

Elle n’est utilisable aussi que dans certaine condition anatomique de la veine car il faut pouvoir faire passer le cathéter dans la veine à traiter.

Thermo-oblitération par vapeur

7/ LA SCLÉROSE À LA MOUSSE SUR CATHÉTER

utilise les propriétés de la mousse de sclérosant pour traiter tout un tronc veineux pathologique en introduisant la mousse par un long cathéter qui est guidé dans le tronc à fermer sous contrôle écho-doppler. Cette technique est réalisée avec une toute petite anesthésie du point de ponction ou pendant une intervention. Elle est un peu moins efficace que les autres et nécessite parfois une sclérose écho-guidée en cabinet de consultation mais par contre elle est parfaitement indolore et laisse très peu de traces après l’opération.

Elle n’est aussi utilisable que dans certaines conditions anatomiques.

8/ LE CLARIVEIN™ OU MECHANOCHEMICAL ENDOVENOUS ABLATION (MOCA)

est un cathéter motorisé avec lequel on irrite l’intérieur de la veine par l’action d’une brosse rotative tout en injectant du produit sclérosant. Totalement indolore sans anesthésie locale il ne peut être utilisée que dans certaines circonstances anatomiques.

Clarivein varices

9/ LE SAPHEON VENASEAL™

Sapheon venasealutilise une sorte de « superglue » pour coller et fermer la paroi du tronc veineux. Les gouttes de colles sont injectées à l’extrémité du cathéter lors du retrait de celui-ci. Totalement indolore sans anesthésie locale il ne peut être utilisée que dans certaines circonstances anatomiques. Elle est par ailleurs très peu utilisée en France du fait de son prix.

Comme Closure, ces techniques ne servent pas à retirer les varices, elles permettent de fermer et de faire disparaître des troncs veineux pathologiques qui remplissent les varices.

La technique qui assure le meilleur compromis entre efficacité et traumatisme est Closure, c’est aussi celle qui est la plus précise, la moins douloureuse et la plus contrôlée. Le laser est un peu plus traumatisant, très efficace, un peu plus douloureux la semaine suivante. Une bonne connaissance des avantages et des inconvénients de chacune est nécessaire pour prendre la bonne décision. Cela nécessite un bilan anatomique écho-doppler très précis et un repérage échographique permanent pendant l’intervention.

Plusieurs appareils sont actuellement à notre disposition pour détruire les troncs saphène par des procédés utilisant la chaleur (de haut en bas sur la photo) :

  • le générateur radiofréquence “Celon“ (encore peu commercialisé)
  • le générateur radiofréquence “VNUS Closure“ (utilisé depuis 1998)
  • le générateur de vapeur hyperbare “SVS“
  • le générateur “Laser“ (utilisé sous de nombreuses formes depuis 10 ans).

Après ces techniques, il est nécessaire de faire un contrôle par écho-doppler dans la semaine suivant l’opération. Pour une bonne organisation, il est bon de prévoir un rendez-vous 2 à 8 jours après l’intervention chez le médecin qui vous a envoyé.

Les phlébectomies superficielles ou phlébectomie ambulatoires

varices phlebectomie superficielleC’est la seule partie de l’intervention qui retire les varices. Les phlébectomies sont indispensables et réalisées systématiquement. Elles consistent à enlever avec des petits crochets, par de multiples incisions de 1 ou 2 mm faites par une petite pointe de bistouri ou par une simple aiguille, l’ensemble des veines variqueuses visibles sous la peau. Le nombre moyen d’incisions est d’une vingtaine par intervention. La cicatrisation de ces micro-incisions est très esthétique.

La disparition de ces varices est définitive. L’intervention laisse très peu de traces comme le montre cette vue réalisée à la fin de l’opération. Les petites ecchymoses (bleus) disparaissent en quelques semaines.

 

La phlébectomie tri-vex

est une technique qui remplace la phlébectomie.

A l’aide d’une petite sonde rigide motorisée introduite sous la peau, les varices sont sectionnées, fractionnées et aspirées. Le repérage des varices s’effectue par transillumination en plaçant une petite source lumineuse sous la peau.

C’est une technique plus traumatisante et plus douloureuse que la phlébectomie superficielle et qui entraîne de nombreux hématomes. Elle ne peut se réaliser que sous anesthésie générale. Elle n’est indiquée que pour de très grandes surfaces de varices quand ni l’esthétique ni le confort ne sont une priorité.

varice phlebectomie tri vex

La sclérose peropératoire

permet pendant une opération de fermer une varice ou une veine malade inaccessible.

En effet, certaines veines malades ne sont accessibles chirurgicalement que par des ouvertures traumatisantes ; dans ce cas, une injection de produit sclérosant permet d’atteindre, pour les fermer et les faire disparaître, ces veines sans ouverture cutanée.

L'endoscopie sous-faciale

est une technique qui permet de couper les communications anormales entre les veines profondes et les varices superficielles en passant un tube dans la jambe par une petite incision (comme une c?lioscopie). Elle s’effectue sous anesthésie générale. Il n’y a qu’une seule incision de 2 cm sur le haut de la jambe. Cette technique concerne la maladie variqueuse compliquée de plaques dures, de taches brunes ou de plaie variqueuse cicatrisée.

L’embolisation des varices pelviennes

varice pelvienne embolisationpermet de traiter les veines pelviennes qui refluent vers la cuisse.

Ces varices de l’appareil gynécologique, parfois développées chez certaines femmes, surtout après plusieurs grossesses, ont tendance à descendre avec la pesanteur pour apparaître à la face interne des cuisses.

Ces varices peuvent être entièrement responsables de la totalité des varices du membre. L’embolisation est très efficace chez les femmes en activité génitale qui présentent des douleurs dans le bas-ventre ou sur le trajet des varices avant ou au début des règles, et qui ont des douleurs persistantes dans le bas-ventre à la fin ou après les rapports sexuels.

L’embolisation des varices pelviennes permet de faire disparaître ces douleurs dans 85 % des cas.

L’exploration de ces veines s’effectue en introduisant une petite sonde dans le système veineux par une simple piqûre comme une prise de sang au niveau de l’aine. Lorsque la veine responsable est reconnue, elle est fermée par l’intérieur à l’aide de petites spires métalliques. Ce geste peu douloureux, réalisé dans une salle de radiologie, ne nécessite pas d’anesthésie.

 

La méthode conservatrice de Chiva

est une méthode peu utilisée. Elle consiste à supprimer les points de fuite situés en haut des varices du membre en conservant des communications fonctionnelles vers le système profond situé plus bas sur le membre, de façon à assurer la vidange des varices. L’avantage est “écologique” (conservation possible de certaines veines variqueuses superficielles). Les inconvénients sont la récidive, le résultat incomplet inesthétique qui nécessite des traitements complémentaires.

La méthode Asval

varices methode asvalest une méthode d’exérèse qui privilégie l’ablation sélective des varices. Elle consiste à rechercher les endroits où la maladie (reflux, dilatation) est encore réversible. De fait, la suppression d’une branche malade (incontinente) permet souvent de restaurer la fonction du tronc auquel elle est connectée. Dans ces cas quelques phlébectomies pour enlever des varices permettent parfois de faire disparaître une dilatation ou un reflux sur le tronc. C’est une façon peu agressive de faire refonctionner un segment veineux incontinent. Cette méthode n’est malheureusement applicable que dans quelques cas et souvent au début de la maladie, elle nécessite une prise en charge régulière des patients.

Elle impose de faire des examens hémodynamiques écho-doppler très précis avant l’opération.

La chirurgie de la récidive

La récidive de varice est parfois induite par de nouvelles communications variqueuses entre la veine profonde et la veine superficielle au niveau de l’aine ou du creux du genou. Il est alors nécessaire de faire une nouvelle incision au voisinage de celle de l’ancienne crossectomie ou de faire un autre stripping sur une autre collatérale saphène devenue variqueuse.

Le traitement des récidives impose toujours d’associer plusieurs techniques : phlebectomies, traitement endovasculaire des troncs résiduels par radiofréquence ou laser, sclérose peropératoire.

La récidive peut être alimentée par une perforante, c’est-à-dire une communication anormale entre le système veineux et les varices superficielles au niveau de la cuisse. Dans ce cas, la technique idéale est de mettre en place des petites spires métalliques qui permettent d’obstruer la perforante. Ces petites spires métalliques sont introduites par cathétérisme avec une simple ponction au niveau du pli de l’aine. Une fois que la perforante est “fermée“ par l’intérieur, il est alors plus facile de faire l’ablation des varices et de scléroser la partie intermédiaire au niveau des varices qui ne sont plus remplies par la perforante.

varice recidive chirurgiechirurgie varices recidives

Les médicaments (toniques veineux)

Les médicaments servent à soulager les symptômes de la maladie veineuse. Ils sont utiles au traitement ; ils tonifient la paroi veineuse et agissent aussi sur la micro-circulation de la peau. Ce sont souvent des extraits de produits naturels reconstitués (Marron d’Inde, Ginkgo Biloba, extraits de plantes, Ruscus, Rutine, Pépin de raisin blanc).
Ils agissent souvent bien sur l’ensemble des troubles occasionnés par les varices (lourdeur, fourmillements, impatiences, démangeaisons, crampes).

Les collants, les bas élastiques et les bandes

Ils compriment le membre et font disparaître l’oedème.
La compression est un complément très utile au traitement, surtout s’il existe, avant l’opération, des plaques dures sur la jambe.
La compression élastique comprime légèrement les veines dilatées, diminue la quantité de sang qui, sinon, a tendance à redescendre vers le pied.
C’est une façon artificielle de supprimer l’action néfaste des varices sur les tissus de la jambe.
C’est un moyen de traitement contraignant mais extrêmement efficace.
Après l’intervention, la compression élastique permet de réduire l’importance des hématomes et de faciliter la cicatrisation.
Même après une opération parfaitement réalisée, la maladie veineuse, maladie congénitale, étant toujours présente, le port d’une compression élastique permet de reporter l’apparition éventuelle d’autres varices.

Collants Bas élastiques Bandes

 

La sclérose

a pour principe d’injecter dans la veine dilatée un produit irritant : il s’ensuit un spasme veineux puis, par l’inflammation un épaississement de la paroi qui évolue rapidement vers l’oblitération : la veine devient alors un cordon fibreux.

sclérose varice seringue mousse

Ses inconvénients essentiels sont la durée du traitement et la récidive.

En effet, les scléroses, pour être efficaces et durables, doivent être répétées régulièrement.

Elles s’utilisent dans les petites varices diffuses quand il n’y a pas de sources variqueuses ou de varices en dessous.

La microsclérose est une technique idéale pour le traitement des varicosités inesthétiques : petites formations variqueuses superficielles rouges ou bleutées, surtout à la face externe de la cuisse.

Actuellement l’injection de sclérosant sous forme de mousse augmente considérablement l’efficacité de la sclérothérapie surtout pour le traitement des gros troncs veineux.

Sclérose injection seringue mousse

 

La sclérose écho-guidée

sclérose echo-guidéeElle s’utilise pour la sclérose des veines variqueuses invisibles à l’examen, l’injection de produit sclérosant se fait alors sous contrôle échographique avec ou sans introduction d’un cathéter (sclérose échoguidée).

Cela permet d’injecter le produit sclérosant exactement sous forme liquide ou mieux sous forme de mousse en toute sécurité dans la varice, même si on ne la voit pas sous la peau.

C’est une technique très utilisée pendant une intervention chirurgicale pour fermer des varices ou des veines pathologiques inaccessibles par l’opération.

L’extrémité (le biseau) de l’aiguille est suivie sous échographies jusqu’à l’intérieur de la veine pathologique (petit point brillant au milieu du rond noir représentant la veine en coupe). Le produit sclérosant sous forme de mousse est bien visible à l’échographie. De cette façon, l’injection de produit sclérosant est parfaitement sécurisée.

sclerose echo-guidéevarice echographie

 

Le traitement chirurgical

système veineux varices jambesLe système veineux peut être comparé à un arbre orienté la tête en bas.
Les racines situées en haut sont parfois touchées.
Parfois, les troncs ou les grosses branches ou simplement les petites peuvent être touchés. Parfois, en l’absence de varices visibles, à l’extrémité des plus petites branches, les varicosités peuvent être comparées aux feuilles de l’arbre.
Le principe du traitement consiste à supprimer les varices et les voies de reflux anormales du sang veineux vers le réseau veineux superficiel.

  • Le tronc de la grande saphène est en cause dans la majorité des cas :la grande saphène naît à la cheville, monte le long de la face interne de la jambe, du genou et de la cuisse et se termine au niveau du pli de l’aine, où elle se jette dans la veine fémorale.
  • Le tronc de la petite saphène est en cause dans 15 % des cas.
    La petite saphène part du côté externe de la cheville et se termine dans le creux du genou.
  • Les branches saphènes sont, elles aussi, souvent touchées par la maladie variqueuse.
  • Les varices isolées, indépendantes des réseaux saphènes, peuvent être également touchées.

L’ensemble de ces veines superficielles drainant peu de sang quand elles sont saines (10 %), peuvent, a fortiori quand elles sont malades (varices, veines stagnantes, veines parasites) être supprimées sans problème puisqu’elles n’assurent plus aucune circulation sanguine.
Les veines profondes assurent normalement la circulation (90 %) à condition de ne pas être obturées par une fibrose, à la suite d’une phlébite, par exemple.
C’est une éventualité très rare dont l’étude se fait à l’écho-doppler et parfois par une radiographie des veines (phlébographie).

Quels sont les risques de l’anesthésie générale ?

opération varice anesthesieLe risque lié à l’anesthésie dans le cadre du risque opératoire est difficile à chiffrer. Il est très faible. L’enquête de l’INSERM faite sur 198 103 anesthésies générales réalisées en France (de 1978 à 1982) établissait ce risque à 4/10000. Au Canada, les risques pour une personne en bonne santé de mourir à cause d’une complication de l’anesthésie sont probablement de 1/200 000 à 1/400 000. Un relevé fait par la Société Française d’Anesthésie réani-mation concernant 8 millions d’anesthésies entre 1996 et 1997 a chiffré ce risque entre 1 et 3 pour 10 000.

Le risque de l’anesthésie locale est par contre quasiment inexistant.

L’anesthésie locale par tumescence est l’anesthésie la plus intéressante. Elle consiste à injecter sous la peau des volumes importants de liquide de tumescence mais contenant très peu de produit anesthésique. C’est une anesthésie qu’on pourrait appeler “homéopathique“ ou “mécanique“ car elle contient très peu de produit médicamenteux. Cette anesthésie est la plus longue à réaliser mais c’est celle qui vous
donne le meilleur confort après l’opération.

Les ecchymoses (bleus), les hématomes sont très peu fréquents. Avec ce type d’anesthésie vous pouvez rentrer chez vous quelques heures après l’opération car la douleur est très peu importante.

L’anesthésie locale tumescente est le type d’anesthésie qui permet au chirurgien d’effectuer l’opération dans les conditions optimales d’efficacité (saignement minimum, geste atraumatique, positionnement idéal du membre opéré pendant l’opération) et d’as-surer aux patients les meilleures garanties d’efficacité. Ce type d’anesthésie est donc faite par le chirurgien lui-même avec de toutes petites aiguilles le long des varices avant de commencer l’opération. Les piqûres réalisées avec de très petites aiguilles sont très peu douloureuses. L’anesthésie est souvent faite sous contrôle échographique ce qui la rend très précise et particulièrement efficace. 

Pendant l’opération vous êtes installé sous un drap (champ) avec la jambe opérée qui sort au-dessus par un trou.

  • Pour les patients anxieux : des médicaments spécifiques peuvent être administrés pendant l’intervention dans une perfusion mise en place par le médecin anesthésiste.
  • Pour les patients non anxieux : ceux qui savent maîtriser leurs émotions, ceux qui ne veulent pas avoir de calmants ou de tranquillisants, ceux qui veulent reprendre leurs activités dans l’après-midi et quitter la clinique immédiatement après l’opération, l’intervention peut être faite sans perfusion de tranquillisants, avec simplement l’anesthésie locale tumescente sur le trajet des varices. Dans ce cas, il faut prendre un bon petit déjeuner avant d’arriver à la clinique. Il n’est pas nécessaire de rentrer à 7 h 30 à la clinique, comme votre intervention aura lieu en deuxième partie de matinée mon assistante vous fera entrer plus tard en fonction du planning.

Comment savoir si vous avez besoin d’une perfusion de tranquillisant ou d’anxiolytique ?

L’anesthésie locale s’effectue par des petites piqures qui ressemblent (au dire des patients) à des séances d’épilation, à des scléroses de varices faites au cabinet et sont beaucoup moins douloureuses qu’une séance de tatouage. Beaucoup de patients ne les sentent pas.

En résumé :

J’effectue moi-même l’anesthésie locale sur les varices. L’intervention se déroule de 2 façons différentes :

  1. La première façon consiste à voir le médecin anesthésiste en consultation à la clinique avant l’intervention, à entrer à la clinique à 7 h 30, à être à jeun. Pendant l’opération le médecin anesthésiste vous met une perfusion avec des tranquillisants le temps de l’opération. Vous sortez de la clinique 3 h après, avec parfois l’inconvénient d’avoir des nausées, des maux de tête et parfois une fatigue qui peut durer quelques jours.
  2. La deuxième façon consiste à entrer à la clinique plus tard sans être à jeun et à sortir immédiatement après l’opération. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire d’être à jeun (vous pouvez boire et manger, prendre un petit déjeuner le matin avant d’arriver). Cette façon de faire ne convient pas aux personnes émotives ou trop nerveuses.

Il existe d’autres types d’anesthésies comme l’anesthésie générale, la péridurale ou la rachianesthésie mais ces anesthésies n’ont aucun intérêt dans la chirurgie des varices. Elles présentent des risques particuliers, sont mal utilisables en ambulatoire et ne permettent pas de se lever après l’opération et surtout augmentent le risque de faire des phlébites.

Il n’est pas toujours possible de réaliser une intervention sur les deux jambes le même jour car les injections de produits d’anesthésie locale dépasseraient le maximum toxique. Il faut donc attendre environ 24 heures pour que la première dose de produit soit “digérée” par l’organisme avant de pouvoir réinjecter une deuxième dose pour la deuxième opération. L’intervention sur la 2e jambe doit être réalisée un autre jour, éventuellement le lendemain.

Pour bénéficier de la présence de l’anesthésiste et de tranquillisant pendant l’intervention, la consultation auprès d’un médecin anesthésiste de la clinique est obligatoire dans la semaine ou les 2 mois précédant l’opération.

La législation interdit que cette consultation ait lieu le jour de votre arrivée à la clinique.

Dans mon activité, on ne fait JAMAIS D’ANÉSTHESIE GÉNÉRALE NI DE PÉRIDURALE, vous ne serez donc JAMAIS ENDORMIS. Toutes les interventions sont réalisées en anesthésie locale avec ou sans perfusion de relaxant (faites par le médecin anesthésiste).

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